Vous en avez sûrement entendu parler à propos de la réorganisation.
Des élus ont été très très méchants et n'ont pas respecté la confidentialité. « Il y a eu des fuites ». Les salariés de Lille et Nantes ont été informés que la Direction envisageait de fermer leur site et de les muter sur Niort. Ils ont ainsi trahi la confiance de la Direction qui voulait travailler main dans la main avec eux.
Mais de quoi parle-t-on au juste ?
Tout d'abord la notion de confidentialité.
Les élus des diverses institutions sont tenus à un devoir de confidentialité mais tout n'est pas confidentiel et ce devoir est surtout dû par rapport à l'extérieur de l'entreprise.
Pour qu'une information le soit, il faut tout d'abord que la Direction le déclare comme telle au moment de la remise de l'information. Rassurez-vous, elle ne va pas oublier de le faire, elle le fait même de façon très systématique. Mais cela ne suffit pas. Il faut également que l'information soit réellement confidentielle.
L'exemple peut faire sourire, mais ce n'est pas parce que la direction de T-Systems écrirait dans un document le nom du Président de la République avec en dessous la mention confidentielle que cette information serait réellement confidentielle. Vous en conviendrez sans problème. Et bien il en va de même pour la plupart des informations que la Direction diffuse aux « élus ». La jurisprudence tend à dire que normalement ne sont confidentiels que les secrets ou méthodes de fabrications et les données comptables.
Nous n'avons pas oublié que dans Institutions Représentatives du Personnel, il y a « Représentant du Personnel ». Donc, de quel droit détiendrions-nous des informations concernant l'avenir de nos collègues sans leur en parler ? Qui mieux que les salariés eux-mêmes peuvent savoir ce qui est important pour eux ?
Quelles ont été les conséquences de cette diffusion d'information ?
La direction a été obligée d'aller à la rencontre des salariés de Nantes et Lille, avant que le projet ne soit bouclé, pour leur parler et les écouter. Quel drame !
Elle a été obligée de se rendre compte que tous les Lillois n'étaient pas ravis d'être mutés à Niort, qu'ils avaient une vie privée.
Ce qui l'a poussé à revenir sur ce projet. Là encore, est-ce réellement un drame ?
Certes, aujourd'hui, on se sépare toujours de Lille. Mais par la vente de l'agence.
Nous ne savons pas encore si cela sera mieux pour les salariés.
Nous ne savons pas si l'acheteur maintiendra l'emploi de tous.
Nous pensons que, comme lors de la vente de Marseille, seule une lutte collective pourra offrir des garanties aux partants.
Mais les salariés de Lille peuvent envisager un avenir et un emploi à Lille, plutôt que d'avoir pour seule alternative un déménagement brutal ou le licenciement.
Rassurons-nous, pour palier à ces « fuites » a été mis en place le « collectif ».
Si certain élus y participent avec la réelle volonté de veiller à l'intérêt des salariés, d'autres s'y font maintenant les garants de cette fameuse confidentialité.
Les informations transmises à ce « collectif » ne sont pas toutes transmises aux autres représentants du personnel.
Et lorsque les autres élus leurs demandent des explications, ils nous expliquent que « comme ça ils travaillent en toute transparence avec la direction » ; que cela ne peut pas être autrement car certains élus « ne savent pas tenir leur langue ».
Mais ce n'est pas une question de savoir, c'est une question de vouloir.
Nous n'avons tout simplement pas oublié qu'avant d'être transformées en « partenaire sociaux » par les diverses institutions patronales, les institutions représentatives du personnel étaient les porteuses des revendications des salariés face à leurs dirigeants.
On pourrait penser que cette vision est passéiste, qu'on n’est pas à l'usine mais dans une entreprise « de personnes intelligentes, de cadres », comme nous l'avait si bien dit Pierre Joudiou ils y a quelques années (quel mépris pour les ouvriers !).
Pourtant, y a-t-il tellement de différence entre l'ouvrier exploité d'hier et le hotliner d'aujourd'hui ? Certes, le salaire moyen de l'entreprise fait que la plupart d'entre nous se situe dans les 20% de la population française la mieux rémunérée. Cependant, le plus bas salaire de l'entreprise reste près de 10 fois inférieur au plus élevé (et on ne parle que du salaire direct).
Donc, non les choses n'ont pas tellement changé. Et oui, nous continuerons à diffuser les informations chaque fois que nous penserons que vous êtes les premiers concernés et que la clause de confidentialité est abusive.
Des élus ont été très très méchants et n'ont pas respecté la confidentialité. « Il y a eu des fuites ». Les salariés de Lille et Nantes ont été informés que la Direction envisageait de fermer leur site et de les muter sur Niort. Ils ont ainsi trahi la confiance de la Direction qui voulait travailler main dans la main avec eux.
Mais de quoi parle-t-on au juste ?
Tout d'abord la notion de confidentialité.
Les élus des diverses institutions sont tenus à un devoir de confidentialité mais tout n'est pas confidentiel et ce devoir est surtout dû par rapport à l'extérieur de l'entreprise.
Pour qu'une information le soit, il faut tout d'abord que la Direction le déclare comme telle au moment de la remise de l'information. Rassurez-vous, elle ne va pas oublier de le faire, elle le fait même de façon très systématique. Mais cela ne suffit pas. Il faut également que l'information soit réellement confidentielle.
L'exemple peut faire sourire, mais ce n'est pas parce que la direction de T-Systems écrirait dans un document le nom du Président de la République avec en dessous la mention confidentielle que cette information serait réellement confidentielle. Vous en conviendrez sans problème. Et bien il en va de même pour la plupart des informations que la Direction diffuse aux « élus ». La jurisprudence tend à dire que normalement ne sont confidentiels que les secrets ou méthodes de fabrications et les données comptables.
Nous n'avons pas oublié que dans Institutions Représentatives du Personnel, il y a « Représentant du Personnel ». Donc, de quel droit détiendrions-nous des informations concernant l'avenir de nos collègues sans leur en parler ? Qui mieux que les salariés eux-mêmes peuvent savoir ce qui est important pour eux ?
Quelles ont été les conséquences de cette diffusion d'information ?
La direction a été obligée d'aller à la rencontre des salariés de Nantes et Lille, avant que le projet ne soit bouclé, pour leur parler et les écouter. Quel drame !
Elle a été obligée de se rendre compte que tous les Lillois n'étaient pas ravis d'être mutés à Niort, qu'ils avaient une vie privée.
Ce qui l'a poussé à revenir sur ce projet. Là encore, est-ce réellement un drame ?
Certes, aujourd'hui, on se sépare toujours de Lille. Mais par la vente de l'agence.
Nous ne savons pas encore si cela sera mieux pour les salariés.
Nous ne savons pas si l'acheteur maintiendra l'emploi de tous.
Nous pensons que, comme lors de la vente de Marseille, seule une lutte collective pourra offrir des garanties aux partants.
Mais les salariés de Lille peuvent envisager un avenir et un emploi à Lille, plutôt que d'avoir pour seule alternative un déménagement brutal ou le licenciement.
Rassurons-nous, pour palier à ces « fuites » a été mis en place le « collectif ».
Si certain élus y participent avec la réelle volonté de veiller à l'intérêt des salariés, d'autres s'y font maintenant les garants de cette fameuse confidentialité.
Les informations transmises à ce « collectif » ne sont pas toutes transmises aux autres représentants du personnel.
Et lorsque les autres élus leurs demandent des explications, ils nous expliquent que « comme ça ils travaillent en toute transparence avec la direction » ; que cela ne peut pas être autrement car certains élus « ne savent pas tenir leur langue ».
Mais ce n'est pas une question de savoir, c'est une question de vouloir.
Nous n'avons tout simplement pas oublié qu'avant d'être transformées en « partenaire sociaux » par les diverses institutions patronales, les institutions représentatives du personnel étaient les porteuses des revendications des salariés face à leurs dirigeants.
On pourrait penser que cette vision est passéiste, qu'on n’est pas à l'usine mais dans une entreprise « de personnes intelligentes, de cadres », comme nous l'avait si bien dit Pierre Joudiou ils y a quelques années (quel mépris pour les ouvriers !).
Pourtant, y a-t-il tellement de différence entre l'ouvrier exploité d'hier et le hotliner d'aujourd'hui ? Certes, le salaire moyen de l'entreprise fait que la plupart d'entre nous se situe dans les 20% de la population française la mieux rémunérée. Cependant, le plus bas salaire de l'entreprise reste près de 10 fois inférieur au plus élevé (et on ne parle que du salaire direct).
Donc, non les choses n'ont pas tellement changé. Et oui, nous continuerons à diffuser les informations chaque fois que nous penserons que vous êtes les premiers concernés et que la clause de confidentialité est abusive.
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